Rhabillons les françaises avec les laines régionales !

Chers tricoteurs et tricoteuses,

Partant du principe que vous aimez les défis et que vous êtes super actifs sur les réseaux sociaux, nous avons imaginé un défi commun avec nos consœurs et confrères producteurs de vraie pure laine française !

Rhabillons les Françaises consiste à créer une garde-robe originale comprenant des accessoires en laine, réalisés au tricot ou crochet, et mettant en valeur le fil de nos régions. En somme, une collaboration entre vous et nous, afin de démontrer que le Made in France est dynamique et inventif.

En France, on n’a pas de pétrole mais on a des moutons !

Promouvoir la laine locale au lieu de l’acrylique venu d’Asie est un engagement partagé par plusieurs producteurs indépendants. En valorisant les toisons de nos régions, c’est la pérennité des races ancestrales et les paysages traditionnels que nous défendons.

Comment participer ?

Chaque marque a choisi un accessoire et elle va encourager ses clientes à créer leur propre modèle, puis à en rédiger les explications (le « patron »).

Les tricoteuses voulant créer des manchettes ou mitaines devront le faire avec le fil de Laines à l’Ouest (Normandie). Pour réaliser un bonnet, ce sera avec le fil de Laines Paysannes (Occitanie Midi-Pyrénées). Pour un poncho, s’adresser à Laine Rebelle (Provence Alpes Côte d’Azur). Pour une écharpe à capuche, allez voir les pelotes de Fleur de Laine (Grand Est). Aux Fils des Toisons (Centre – Val de Loire) fournira le fil pour des guêtres et Terroir Laine (Nouvelle Aquitaine) pour un pull-débardeur.

Les mitaines (ou manchettes) que nous vous invitons à tricoter devront être réalisées avec notre fil Aran (aiguilles 4,5 ou 5). Les essais et prototypes peuvent évidemment être réalisé avec du fil ordinaire, mais le modèle final devra mettre notre fil en valeur.

Étape 1

Vous avez jusqu’au 1° août pour inventer un modèle de mitaine ou manchette, et en réaliser une version avec notre fil. Vous nous envoyez une photo. N’hésitez pas à publier des photos de vos avancées avec le #rhabillonslesfrancaises.

Étape 2

Début août, chaque marque met en ligne sur les réseaux sociaux les photos qu’elle a reçues pour les soumettre au vote des internautes. Le nombre de like sera comptabilisé.

Étape 3

Le modèle gagnant sera récompensé par la marque qui l’a inspirée. Nous, nous avons choisi comme gratification un bon d’achat de 4 pelotes et la commercialisation du modèle de la créatrice sur notre e-shop (avec son accord et sans commission pour nous).

Comme nous comptons bien réaliser et porter les modèles de mitaine découverts lors du concours (pas uniquement le lauréat), on glisse ici quelques photos pour vous inspirer et vous montrer le besoin d’une bergère de se protéger des embruns…

Marques-amies qui participent à ce concours. Découvrez-les pour créer :

des guêtres avec Aux Fils des Toisons
un bonnet avec Laines Paysannes
un poncho avec Laine Rebelle
un pull débardeur avec Terroir Laine
une écharpe à capuche avec Fleurs de Laine

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Knitting for victory !

Puisque l’actualité nous pousse au confinement, voici un focus sur l’utilisation du tricot en temps de guerre.

Le temps des réquisitions

On pense tout de suite à l’alimentation et au chauffage, mais la laine faisait aussi l’objet de réquisition en temps de guerre. Avant son industrialisation récente, la laine était un produit de première nécessité pour s’habiller et se chauffer, portée à même la peau. Chaque fois qu’une guerre éclatait, elle était partiellement confisquée, dès la tonte, pour habiller les soldats sur le front.

« Knitting for victory »

L’effort de guerre, demandé dans tous les foyers en temps difficiles, s’appliquait également à cet artisanat familial qu’était le tricot. Cette discipline était enseignée dans les écoles de filles comme de garçons.
Aux États-Unis, la Croix-Rouge recommandait aux enfants : « Fais le travail de la mère pour qu’elle puisse tricoter. »

Les femmes et les enfants d’abord

Femmes et enfants se mettaient donc à tricoter bonnets, cagoules et chaussettes pour les militaires.
Au Canada, au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la Croix-Rouge estima que 750.000 femmes avaient confectionné environ 50 millions de pièces de vêtements. Aujourd’hui encore, il existe des clubs de tricot qui tricotent pour les troupes américaines (ex : Warm for Warriors).

Durant la guerre, l’action de tricoter fut aussi instaurée dans les établissements de soins, en solidarité avec les camarades sur le front, mais aussi à visée thérapeutique pour garder une activité manuelle pendant la convalescence !

Résiste !

Toujours lors de la Seconde Guerre Mondiale, le tricot fut utilisé dans des actes de Résistances à l’occupation. Le maillage d’un tricot est en effet un parfait moyen d’encoder des messages, un peu façon morse ! Il était alors formellement interdit d’envoyer à quiconque un tricot à motifs.
Pour la communication de messages simples, certains réseaux de Résistance recrutèrent des « observateurs qui se baladent innocemment », tandis que des « codeurs » à l’air tout aussi innocent tricotaient sur un banc public ! Comme dit Nathalie Zarelli : «Pendant les guerres, là où il y avait des tricoteuses, il y avait aussi des espionnes» !

Notre mantra s’exprime plus que jamais : Tricoter c’est militer ! Alors tricotez local et responsable pour occuper les longs après-midi, préparez votre garde-robe post-covid19, et profitez en pour transmettre à vos proches de confinement ce savoir-faire précieux en temps de guerre comme en temps de paix !

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Le pull Aran

Le pull hareng ?

Les îles d’Aran sont un archipel irlandais. Comme partout là-bas, on y élève des moutons. Et comme on pêche aussi traditionnellement, logique d’utiliser la laine des uns pour protéger les pêcheurs.
Chaque famille était dépositaire de son propre motif géométrique, dans le macabre objectif d’identifier les corps en cas d’accident en mer.

Si les célèbres torsades (cable knit en VO) représentent les cordages marins, les autres motifs ont également une symbolique : le nid d’abeille évoque le travail laborieux, les losanges les mailles des filets de pêche, le point de riz la mousse des rivages, le treillis les parcelles de terre séparées par des murets en pierre, etc.

Détail non négligeable : la laine était filée brute (non lavée) afin que le suint imperméabilise le pull de la pluie, crachin et vagues. L’ouvrage était donc gras, odorant et sans noblesse !

En off, certains historiens soulignent que ce savoir-faire n’est ni local ni séculaire… Au XIXème siècle, la pêche n’était pas fulgurante dans le secteur, et le gouvernement incite de nombreux pêcheurs Ecossais à s’y installer. Ils amènent leur technicité marine, mais aussi leurs épouses, tricoteuses émérites qui font découvrir aux Irlandaises les torsades. Enthousiastes, ces dernières développent alors de nombreuses variations de motifs (70 différents)

Le pull Art en… scène !

Cette tendance resta bien locale et discrète jusqu’Après-Guerre. Quatre musiciens irlandais essayent de percer à New-York : les frères Clancy. Leurs influences sont traditionnelles et folk, mais leur succès pas très rapide… Leur mère, restée au pays et effrayée par la rigueur du froid new-yorkais, leur tricote des pulls.

Si les motifs sont inspirés des îles d’Aran, la laine utilisée est immaculée et inodore, beaucoup plus show business compatible. Les frangins exhibent gentiment leurs pulls dans les clubs underground, jusqu’à leur passage dans une émission télévisée de grande écoute, le Ed Sullivan Show. C’est la gloire enfin, pour leur musique et pour leur pull !

C’est alors la ruée vers ce gros pull, synonyme d’authenticité dans le monde pailleté et Technicolor d’Hollywood !

Marilyn en tête (= capacité de rendre outrageusement sexy tout ce qu’elle porte), suivie de Grace Kelly (pour lui conférer élégance classique), puis Steve et Elvis pour la virilité, et Jean Seberg pour la touche mutine façon Je l’ai piqué à mon mec.

Avec de tels ambassadeurs, c’est la consécration : le pull Aran coche toutes les cases de la désirabilité ! A tel point qu’il est désormais célébré par les plus hautes maisons de couture.

Le paradoxe de la montée en gamme est hélas la contrefaçon. Les faux pulls d’Aran se multiplient dans les chaînes de fast-fashion, pour des prix dérisoires, en acrylique et dans des couleurs factices qui auraient épouvanté les irlandaises autant que les écossaises ! Ou le drame d’une fringue jetable qui s’approprie les codes d’un vêtement artisanal et utilitaire.

Nous défendons évidemment l’esprit d’origine du pull d’Aran : un vêtement pour travailleurs réalisé avec une matière première locale solide et rustique ! Nous proposons une épaisseur « Aran » en couleur écru naturelle uniquement (n°5)

Le principe de le tricoter en laine lavée plutôt qu’en suint nous semble défendable dans la société contemporaine (que les pêcheurs nous pardonnent cette infidélité à leur coutume !). Pour autant, nous rappelons qu’une fibre de laine naturelle et de qualité, qui n’a été ni décapée, ni acidifiée, ni chlorée possède des propriétés antipoussière et antiodeur. Elle ne nécessite pas d’être lavée souvent.

Et tel un diamant, éternel et indémodable, vu qu’on ne se fera pas enterrer avec, notre pull d’Aran est transmissible à la génération suivante !

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