Laine normande // Saison 3

Le monde de la laine est comme celui des séries : il se compte en saisons !

Comme la production agricole, notre activité est liée au cycle de la nature, on peut donc y parler de récolte, de vendange ou de moisson. Le fil 2019 constitue ainsi notre troisième millésime !

Le démarrage d’une marque étant sa période la plus intense et incertaine, mais aussi la plus excitante et riche d’enjeux, en faire le bilan est toujours une chouette étape pour y voir clair.

5 mois de collecte

De mi-mai à mi-octobre !
Pourquoi si tard ? Parce que nous n’avons pas pu participer à toutes les tontes, souvent pour une question de distance, mais tenions à collecter ces éleveurs-là, car nous aimions  leur travail ou leur philosophie, et pensions que leur brebis avaient leur place dans notre fil. Nous les avons donc collectés plus tardivement, en essayant de rationaliser circuit et kilomètres.

4 races

Nous défendons ardemment les 3 races normandes que sont les moutons Avranchin, Cotentin et Roussin de la Hague, aux qualités de fibre très complémentaires.
Cette année, nous leur avons adjoins la Bleue du Maine, race historique adepte des mêmes herbages fertiles du Grand Ouest. Ancienne région limitrophe, la frontière entre Maine et Normandie est parfois floue, la création du Parc Naturel Régional NormandieMaine étant la preuve de cette continuité naturelle.

L’arrivée de ce quatrième larron dans notre trio donnera lieu à un nouveau fil que nous appellerons Bel-Ami (les initiales B-A signifiant Bleu du Maine +Avranchin)

20 éleveurs & éleveuses

Ils sont répartis sur 5 départements, et possèdent des cheptels de 4 à 140 brebis. Leur activité d’élevage relève plus souvent du loisir ou du complément de revenu que de la production professionnelle, mais ils sont guidés par une réelle passion pour la race qu’ils sauvegardent.

Parmi eux, quelques personnalités notables : des présidents (ou anciens présidents) d’associations de race, plusieurs Premiers Prix Laine au Salon de l’Agriculture,… Des démarches toujours sincères et engagées qui nous parlent.

Quand aux tondeurs, nous avons collaboré avec 7 professionnels, aux influences différentes et formatrices pour nous !

1 200 kilos collectés

C’est le poids des toisons que l’on a sélectionnées, après le tri manuel de chaque mèche. Cette étape est la plus chronophage de toute l’année, elle se compte en centaines d’heures.
Selon les races, le poids d’une toison brute peut varier entre 1,5 et 3,5 kg, ce qui nous donne une moyenne de 480 brebis. Quand on pense à la douce énergie cumulée de tous ces animaux, on a envie de plonger dans un bonnet ou un pull…

10 teintes

Ce que nous préférons, c’est la teinte brute de la laine, qu’elle soit écrue ou grise.

Mais cette année, nous sommes passées à la couleur ! Elles ne sont pas toutes disponibles sur notre boutique en ligne, car nos quantités sont encore restreintes. Nous réalisons les teintures dans notre atelier à Lessay, où elles sont disponibles en deux épaisseurs (fingering & sport).

Nous avons élaboré un nuancier très doux, entre mer, bocage, et automne. Les couleurs dans lesquelles vivent naturellement nos filles de l’Ouest !

Un lieu pour une équipe

Enfin, nous avons ouvert un lieu fonctionnel pour travailler et accueillir nos clientes, des cours de tricot… et agrandir l’équipe ! Cette année, nous avons eu le plaisir de recevoir en stage Mathilde, Servane, Gabrielle et Anaïs, avec leur fraîcheur et bonne humeur !

Atelier-boutique « Laines à l’Ouest »
6, rue de la Sainte-Croix
50430 Lessay
ouvert mercredi + samedi : 10h-18h

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Apprendre et transmettre

Cette image vous épate et vous donne envie ?
A nous aussi ! (nous ne sommes pas des tricoteuses émérites)

Maîtriser l’art des aiguilles et du crochet est pourtant nécessaire pour accéder aux multiples bienfaits du tricot : bien-être, estime de soi, canalisation de l’énergie, stimulation des connexions neuronales, personnalisation de notre garde-robe, satisfaction de travailler une matière première éthique, etc

Pour y remédier, nous créons un cycle de cours d’initiation pour grand.e.s débutant.e.s

On commence par le crochet car c’est un outil qui s’assimile vite et qui permet d’avancer rapidement dans la création du premier ouvrage.

La première session a lieu samedi 14 septembre à Lessay. Après un entrainement au point simple avec un crochet n°6, nous entamerons la réalisation d’un head band, que vous pourrez continuer chez vous car notre tarif inclus le matériel (crochet en bambou, fil de laine locale, bouton au choix)

Ces deux heures passées ensemble sont aussi l’alibi pour évoquer nos thèmes de prédilection : les moutons normands, le travail de leur toisons, leur lien aux paysages, l’élevage cohérent, la filière laine,… autour d’une théière d’infusion locale.

Où cela se passe-t-il ?

Dans notre atelier-boutique de 14h30 à 16h30

6, rue de la Sainte-Croix – 50430 Lessay (centre Manche, près du littoral, non loin de nos brebis !)

Renseignements et réservation sur lainesalouest@gmail.com

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La couleur en mode mineur

Aimer la laine, c’est s’intéresser aux dizaines de races de moutons qui parsèment le territoire français. Adaptées à une géographique et une climatologie, elles ont chacune développé la toison précise dont elles ont besoin pour se protéger.

Leurs mèches peuvent être longue ou courte, ouverte ou fermée, raide ou crimpy, jarreuse ou soyeuse, blanche immaculée ou écru.

Ou beige. Ou grise. Ou grège.

Rouge du Roussillon et Tarasconnaise par « Laines Paysannes »,puis Bizet, Manech et Lande de Bretagne.

Ou chocolat. Ou anthracite. Ou taupe. Ou burel. Ou ébène.

Assemblage de prés-salés clair, Basco-Béarnaise, prés-salés foncé, Noire du Velay

Le camaïeu chromatique est tellement vaste qu’il constitue un véritable nuancier naturel, à rebours du cliché du mouton blanc standardisé. Quelle richesse !

Nous aimons beaucoup le travail d’Ozetta, créatrice en Oklahoma. Son obsession est de pousser au maximum le curseur de la créativité avec les couleurs naturelles. Et elle nous prouve qu’on peut aller très loin sans que le résultat soit fade ni morne.

Pour autant, nos clientes nous demandent de la couleur. Être professionnelles ne peut pas consister à produire uniquement ce qui correspond à notre goût. Mais notre démarche relève d’un engagement plus profond que « vendre des pelotes » donc nous devons développer une philosophie couleur cohérente avec nos valeurs.

Nous pourrions difficilement défendre un arc-en-ciel de tonalités factices ! Ce que nous aimons dans la couleur, c’est sa capacité à souligner les nuances brutes. Une touche peut suffire : une bordure, une broderie, un dédoublement discret…
Nous l’envisageons non pas comme une utilisation monochrome mais en clin d’œil en duo ou trio. Follement élégant !

Les couleurs choisies doivent également raconter quelque chose. Orange ou violet n’ont pas de cohérence dans notre univers. Notre paysage quotidien est fait de bleu et de vert, dans une infini éventail saisonnier. Ces couleurs là résonnent naturellement avec les troupeaux qu’on collecte, en racontant les plantes que les brebis mangent, ou les paysages littoraux dans lesquelles elles vivent.

Nous adorerions travailler intégralement en pigments végétaux, mais cette technicité ne rend pas possible assez de régularité et de quantité pour tricoter une grande pièce. Nous proposons donc de très petites séries teintes aux pigments végétaux par Besté Bonnard dans le Cotentin. Parallèlement, nous avons créé notre propre nuancier et teignons dans notre atelier avec des pigments écoresponsables, en veillant à une utilisation modérée de l’eau, de l’énergie pour la faire chauffer et du recyclage du bain de rinçage.
Cela nous permet de proposer des couleurs suivies avec des bains numérotés, dans des tonalités qui nous ressemblent !

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