Créer une filière laine : un projet de territoire

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Ce que vous voyez est une simple pelote. 130 mètres de fil qui tient dans une main.

Peu de couleur disponible, pas forcément la largeur ou la douceur que vous recherchiez en tant que tricoteuse pour l’ouvrage que vous envisagez.

Et puis elle est un peu chère. Pas démesurément chère par rapport à ce qu’on trouve en mercerie, mais enfin pour un pull on dépasse largement les 100 €.

Tant que cette pelote vous semblera être une pelote, elle ne vous dira rien de plus. Mais cet objet va évidemment bien au-delà de 130 mètres de laine : c’est un fil conducteur qu’il faut dérouler, suivre et remonter.

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Cette pelote commence ici, chez Stéphanie, Jean-Pierre, Vanessa, Emmanuel, Benoît ou Virginie. D’avantage que des fibres de kératine qui poussent sur le dos d’un mouton, ces mèches sont les questions que posent les éleveurs à leur territoire. Ces brins ondulés résultent du lien entre paysage, pâturage, tradition gastronomique et patrimoine régional. Elles affirment la place de l’élevage dans la ruralité, le rôle social des petits troupeaux, le militantisme que sont des pratiques extensives et herbagères dans une agriculture dominée par la FNSEA.

Issues de races traditionnelles façonnées par la Normandie, exceptionnelle terre d’élevage, ces toisons expriment un patrimoine collectif vivant, menacé bien qu’ardemment préservé (les trois races normandes sont en sauvegarde)

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Laines à l’Ouest n’est pas une marque mercantile ni une vue de l’esprit au régionalisme creux. C’est un projet de filière qui fédère l’amont, c’est-à-dire les éleveurs locaux qui se battent pour maintenir leur exploitation à flot. Notre grille d’achat de toison, qui peut atteindre 10 fois le cours annuel français pour certaines catégories de mèches, illustre très concrètement notre engagement auprès de la filière ovine. Dont nous faisons nous-même parti, étant éleveuses, impliquées dans la préservation du Mouton Avranchin et différents projets de territoire tels l’écopâturage de sites publics, organisme de sélection, partenariats avec des collectivités locales, actions sociales rurales, etc.

Notre connaissance du monde de l’élevage est triviale et parsemée de combats qui élèvent. Nous le vivons au quotidien avec nos tripes et nos émotions. Ce que nous défendons n’est pas le fruit du hasard : chacun de nos mots, de nos images, de nos engagements est pesé et s’insère dans un contexte rural précis.

Au delà de la passion du mouton, notre filière est assurément un projet de territoire.

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Voulez-vous danser ?

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Marion Jouault

La tonte est un moment clé dans la vie du mouton. Dans celle de l’éleveur aussi, car c’est le moment du check-up annuel.

L’homme qui vient tondre est attendu, célébré et honoré.

Ils sont peu nombreux sur chaque territoire et leur temps est compté : toutes les brebis du pays doivent être tondues en 3 mois.

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Virginie Deshayes

Parce qu’elle fige les mouvements, une photo ne peut pas restituer le rythme de cette danse corps-à-corps.

Avec une fermeté et une douceur voluptueuse, le tondeur joue avec la brebis pour la faire passer d’une position à l’autre. Il l’allonge, la cambre, la retourne et l’amollit sans qu’elle résiste. Elle s’abandonne avec indolence, dans une souplesse moite et tiède, hypnotisée.

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Virginie Deshayes

La lascivité amoureuse prend fin une fois la dernière mèche coupée. Le tondeur relâche son étreinte, libérant la brebis de sa léthargie. Elle se souvient qu’elle est un mouton. Et que son strip-tease l’a délestée d’un manteau de 3,5 kg.

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Virginie Deshayes

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La première laine normande de prés-salés !

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Grise ou marron ? Nous ne parvenons pas à nous accorder sur sa couleur exacte, qui varie en fonction de la lumière et des tonalités qui l’entourent !

Parmi les moutons de prés-salés, nous avons sélectionné les toisons les plus fines, assemblant des mèches blanches et noires naturelles, afin d’obtenir cette couleur chinée.

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Le résultat est un fil relativement rustique et épais. Pourquoi? Nos moutons vivent au grand air toute l’année et se servent véritablement de leur toison comme d’une protection contre les embruns, le soleil et la pluie. La laine exprime alors mieux ses qualités naturelles de solidité, d’isolation thermique, de résistance et une couleur patinée par le sel.

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Fleur de sel se décline en pelotes de 50 gr. et écheveaux de 100 gr. La fiche technique complète se trouve ici

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