La tonte et le tri de laine

En Normandie, la tonte s’étale sur toute la saison estivale (de début mai à fin juillet). Voir une poignée de moutons dans le fond d’un jardin est une image récurrente par chez nous. Cette multiplicité du nombre de petits élevages demande aux tondeurs beaucoup de déplacements lors de la saison, et une condition physique et mentale tenace !

Le jour de la tonte, notre but est de sélectionner les fibres valorisables en fil.
Pour cela, il faut des mèches de laine longues, fines et dotées d’une certaine élasticité. Le travail de tri est un travail minutieux, déterminant pour obtenir un fil de qualité car la la totalité d’une toison n’est pas toujours exploitable.

Ce travail de tri de laine est possible grâce au savoir-faire des tondeurs. En effet, ces derniers tondent les brebis avec une méthode particulière mise en place en Nouvelle-Zélande, la méthode Bowen. Le but de cette méthode est de soulager la brebis rapidement. Elle est maintenue fermement mais subtilement. Regarder une tonte donne parfois l’impression de regarder un tango entre le tondeur et la brebis. Le tondeur ne passe sa tondeuse jamais deux fois au même endroit. La fibre est coupée nette, au ras de la peau. Cette méthode permet de garder intacte la forme de la toison. Pour la trier, il nous suffit de l’étendre sur notre table de tri.

Cette table est faite de tasseaux espacés pour laisser tomber les impuretés. Le tri est facilité si, la veille au soir, les brebis ont été mises au sec dans un endroit propre, sans litière. Le travail consiste à retirer de la toisons les végétaux, les crottes et les fibres courtes et feutrées.
Une fois la saison de tonte terminée, nous faisons des assemblages de laines en fonction de leur caractéristiques et de leur provenance.